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Ne plus se dédoubler

Comment continuer à prendre du plaisir en tant que dev à l'ère de l'IA ? Ce que l'IA change vraiment, et ce qu'elle ne change pas.

IADéveloppeur
Un développeur seul le soir devant son ordinateur, avançant sur plusieurs projets à la fois, pixel art

L’autre soir, il était tard et j’avançais sur trois choses à la fois : une page de NX, un cluster d’articles sur Docker et la réflexion qui a fini par donner ce texte. À un moment, je m’en suis rendu compte d’une chose. Je ne m’étais pas demandé une seule fois laquelle j’allais laisser tomber ce soir-là.

Pour une fois, je n’avais pas eu à me dédoubler.


Ce que l’IA m’a rendu

Ce que l’IA m’a rendu, ce n’est pas du code. C’est du temps.

Avant, je devais choisir. NX ou les jeux vidéo. Le soir ou le week-end. Un projet à la fois, parce qu’un développeur ne se dédouble pas. Aujourd’hui, ce même temps me permet d’avancer sur plusieurs fronts. Du code, de l’écriture, du design et du jeu vidéo.

Cet article en est un exemple. Je ne l’ai pas écrit seul dans mon coin. J’ai réfléchi avec l’IA, j’ai challengé mes idées, j’ai reformulé et même réécrit certaines parties que je trouvais un peu moches (tout est une question de point de vue). Pour moi, écrire a toujours été une question d’expression, autrement dit trouver les mots pour dire ce que je pense vraiment. Travailler avec un outil qui m’aide à exprimer ça, sans l’écrire à ma place, ça ne me pose aucun problème. Ça m’aide même à aller plus loin dans ma propre pensée.

Le code, l’écriture, le design ou les jeux vidéo. Ce sont quatre activités que je pensais devoir sacrifier les unes aux autres. Aujourd’hui, elles cohabitent.


Je ne vais pas prétendre que tout va bien

Le marché du développement se porte mal et ce n’est pas une impression. Des devs perdent leur poste ou galèrent à en retrouver un. La plupart du temps, l’IA fait partie des raisons qu’on avance.

Et puis, il y a aussi une vraie perte de sens dans ce métier. J’ai travaillé sur des projets fintech, sur du tracking d’utilisateurs et des projets sans âme. C’étaient globalement des boulots qui payaient (très) bien mais je n’ai jamais réussi à y trouver du sens.

Je ne pense pas que l’informatique soit là pour suivre à la trace ce que font les gens. Pour être honnête, cette lassitude-là, je la sentais déjà avant l’IA. Elle venait d’ailleurs : de projets répétitif et, de décisions qu’on ne comprend pas. Autrement dit, d’un travail vidé de son intention.

C’est en partie pour ça que je ne développe plus que ce qui m’intéresse. Ce temps que j’ai récupéré, je ne l’ai pas réinvesti dans plus de tickets. Je l’ai mis dans du code, de l’écriture et du design qui comptent pour moi.


Résoudre n’était jamais le vrai plaisir

Ce qui a changé, c’est la manière dont je résous les problèmes. Avant, chercher une solution, comprendre une erreur et assembler les pièces d’un système, c’était le cœur du plaisir. Aujourd’hui, une bonne partie de ce travail se fait plus vite, avec moins de friction, parfois avant même que j’aie fini de formuler la question.

Ce qui n’a pas changé, c’est l’envie de construire quelque chose et de voir cette chose exister dans le monde. Une page NX qui prend forme, un jeu qui tourne, un article qui dit enfin ce que je pense. Ce plaisir-là, je ne l’ai jamais eu en résolvant un problème pour résoudre un problème. Je l’ai eu en voyant ce que ça donnait, une fois fini.

Je ne suis pas le seul à ressentir ça. Le développement a longtemps été un métier avec une barrière à l’entrée assez haute. Aujourd’hui, des gens qui avaient une idée mais n’osaient pas s’y mettre découvrent ce plaisir de construire. Ce n’est pas réservé aux devs confirmés comme moi.

Le code qui use, ce n’était jamais vraiment le code. C’était de résoudre des problèmes qui ne comptaient pas.

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