17/08/2026
Pourquoi le monde de la tech est-il si triste ? Le désenchantement du « Workism »
Dans cet essai pour Noema, Aaron Horwath part d'une lassitude qu'il voit monter chez les travailleurs du savoir et la relie au « workism » — cette habitude, décrite par Derek Thompson en 2019, de demander au travail le sens et la communauté qu'on trouvait autrefois ailleurs. Son argument : l'IA éloigne encore un peu plus du travail réel — on ne rédige plus la stratégie, on demande à un agent de la rédiger — et met à nu un vide que le bureau masquait déjà. En face, en s'appuyant sur Guy Debord et sur les travaux de Teresa Amabile, il défend le « milieu désordonné » — la collaboration, les détours, le droit à l'erreur — non comme un défaut d'organisation, mais comme la condition même du travail créatif.
Lecture
Le constat est juste, et je l'ai vécu. Les réunions dont personne n'attendait rien. Les documents écrits pour prouver qu'on avait écrit quelque chose. J'ai fait de la fintech et du tracking d'utilisateurs, des projets qui payaient bien et dont je n'ai jamais compris l'intention. Ce vide-là, l'IA ne l'a pas créé. Elle le rend visible, ce qui est très différent. Là où je décroche, c'est sur la sortie. Horwath propose de protéger ce qui restait d'humain : appeler un collègue plutôt qu'écrire, faire les choses lentement. Ce sont des gestes de défense, et on ne construit pas grand-chose en se défendant. Je crois plutôt qu'il faut aller chercher le sens là où on peut encore le fabriquer. NX tourne depuis trois ans sur mon temps libre, sans que personne me le demande, et c'est précisément pour ça que ça m'intéresse. Le plaisir n'est pas une compensation du travail creux. C'est la condition pour que quelque chose vaille la peine d'être fait.
Source : Noema
NX Academy