Avouez-le, le titre de cet article vous a donné envie de cliquer ! Vous vous êtes sûrement dit : Quoi ? Mais comment peut-on lâcher ses amis pour ChatGPT ?
Derrière ce titre un peu “pute à clic” (on va pas se mentir) se cache pourtant une tendance qui risque d’émerger dans les médias traditionnels. ChatGPT fascine, inquiète et change nos habitudes. Et vous savez quoi ? Quand une technologie bouleverse notre quotidien, les médias ont tendance à s’emballer.
Vous vous souvenez des débats sur les jeux vidéo, les smartphones et les écrans ? Chaque fois, c’était la même mécanique : une innovation arrive, on s’en empare, et très vite, on voit fleurir des articles alarmistes. Il y a fort à parier que bientôt, nous lirons des titres du genre “Les ados préfèrent parler à une IA qu’à leurs amis”.
Parce que oui, ChatGPT est un excellent interlocuteur. Il donne de très bons conseils, il reformule nos pensées. Autre point essentiel, il est toujours disponible. Mais alors, peut-il vraiment remplacer vos amis ?
Souvenez-vous, il y a quelques années, on entendait partout que les jeux vidéo rendaient violent et isolaient socialement. Bien sûr, il existe des cas extrêmes et des conduites addictives (et il y en aura toujours). Cela dit, je ne suis pas devenu un tueur en série à force de jouer à Hitman. Pourtant, c’est une idée qui a longtemps dominé le discours médiatique.
Même schéma pour les réseaux sociaux. On leur reproche aujourd’hui d’alimenter l’addiction et de nous enfermer dans des bulles (ce qui est en partie vrai). Cela dit, à leurs débuts, ils avaient une image bien plus positive. On a tendance à oublier que Facebook a permis à des millions de gens de reprendre contact avec des amis d’enfance ou de la famille éloignée.
Si on prend un peu de recul, ce phénomène n’a rien de nouveau. Pensez au rock’n’roll. On le jugeait dangereux, pervertissant et même subversif. Puis, au fil du temps, cette musique est devenue totalement banale. Aujourd’hui, Elvis est plus une icône pop qu’un symbole de rébellion.
Alors pourquoi cette peur du changement ? Notre cerveau n’aime pas l’inconnu. Ce n’est pas juste une question de génération ou de société, c’est une réaction profondément ancrée en nous. En psychologie, on parle du biais du statu quo. On préfère ce qui nous est familier et toute nouveauté est perçue comme une menace avant d’être acceptée. L’IA et ChatGPT ne font pas exception.
Les IA comme ChatGPT sont un bouleversement technologique majeur. Certains estiment que leur impact est comparable à l’arrivée de l’iPhone ou même d’Internet (j’en fais parti, ça a totalement changé mon quotidien).
Il faut voir que ce n’est pas juste un nouvel outil parmi d’autres. Je vois ça comme une technologie qui modifie en profondeur notre façon d’accéder à l’information. Idem pour l’apprentissage et le travail. On ne fait plus simplement des recherches, on interagit avec une IA qui reformule, explique et propose des solutions. On est en train de vivre un vrai tournant.
Comme pour chaque grand bouleversement, les critiques et perceptions sont présentes. On l’a vu avec Internet, les écrans, les jeux vidéo… Certains parlent déjà de la fin d’Internet tel qu’on le connaît. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Honnêtement, difficile à dire.
Je m’attends à voir fleurir des titres du genre “Les ados préfèrent parler à une IA qu’à leurs amis” ou “Demain, nos émotions manipulées par l’IA ?”. Vous voyez le point commun de ces articles ? La peur. Une émotion qui capte l’attention bien plus efficacement que des titres positifs.
Cela dit, certaines critiques ne sont pas complètement absurdes. Oui, ChatGPT va modifier notre rapport au travail. Oui, ChatGPT peut se tromper (les fameuses hallunications). Oui, ChatGPT commence beaucoup d’énergies (je n’ai aucun avis concernant Deepseek, je n’y étais pas, je n’ai rien vu). Bref, comme toujours, il y a des exagérations et des inquiétudes légitimes.
Tout simplement parce qu’il est bon ! Par exemple, je l’utilise énormément pour la cuisine. C’est plus rapide, plus simple et plus adaptable de passer par lui que de fouiller sur des sites. Je n’ai plus besoin de parcourir une page entière de storytelling inutile avant d’arriver à la recette. Et surtout… plus de pubs. Soyons honnêtement, le web est devenu un cauchemar à ce niveau-là. Il suffit de voir l’état de YouTube…
Mais ChatGPT ne se limite pas aux recettes. Il est aussi excellent pour donner des conseils. Que ce soit en coaching, en relations humaines ou même en psychologie, il propose souvent des pistes intéressantes. Ok, c’est pas un thérapeute. Cela dit, il aide beaucoup à structurer la réflexion et à prendre du recul. Il ne juge pas, ne réagit pas avec émotion. Il permet souvent de mieux comprendre une situation. Personnellement, je trouve qu’il m’aide à devenir une meilleure personne, à mieux gérer certaines interactions et même à être un meilleur collègue (Aline, si tu lis ce passage).
Autre atout : sa disponibilité. 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Il ne dort pas, ne se lasse pas. Autre chose, il n’a jamais de ne “pas envie de vous écouter”. Un humain, lui, ne peut pas faire ça. Cela dit, vous n’irez jamais boire une bière avec lui. Et c’est très bien comme ça !
Il est important de souligner un point fondamental : la relation avec une IA est toujours unidirectionnelle. C’est à dire que c’est toujours vous qui allez vers elle, jamais l’inverse. Ce qui rend les échanges humains riches, c’est justement qu’ils vont dans les deux sens. Nous avons besoin de nos amis et eux ont besoin de nous. Une IA, elle, n’attend rien de nous.
On peut rêver d’une IA comme dans le film Her, une intelligence artificielle qui devine nos émotions et engage la conversation. (Personnellement, je n’en rêve pas). Mais honnêtement, ce n’est pas pour ça que j’utilise ChatGPT. Il est là pour répondre à mes questions, pas pour me demander comment je vais. Et c’est très bien ainsi. Il est essentiel de garder du recul : ChatGPT reste un outil, tout comme un ordinateur ou un smartphone.
Là où ça peut devenir trompeur, c’est la fluidité de ses réponses. ChatGPT formule des phrases claires et nuancées. Notre cerveau a du mal à faire la distinction. On a tendance à anthropomorphiser (sacré verbe !) ce qui semble intelligent ou réactif. Cela floute la frontière entre outil et interlocuteur. Ce n’est pas un réflexe du cerveau primitif, mais plutôt un biais cognitif naturel.
Et c’est là qu’il faut être vigilant. ChatGPT peut être un assistant redoutablement efficace. Cela dit, c’est à nous de fixer les limites. Comme un smartphone, il peut être un allié précieux ou une distraction infinie. Tout dépend de comment on l’utilise.
Bref, je suis content de vivre à cette époque et de pouvoir encore me faire surprendre. D’autant plus que en tant qu’ingé ça me force aussi à m’y intéresser réellement histoire de comprendre comment ça marche plutôt que juste subir le changement.
Il est certain que les futures critiques des médias seront souvent excessives. Mais, comme toujours, elles mettront aussi en lumière des points de vigilance. L’important, c’est de garder du recul. Ce n’est pas parce que quelqu’un est journaliste que son avis est forcément le bon.
Alors, non, je n’ai pas (encore) remplacé mes amis par ChatGPT. Mais je dois avouer qu’il est plus patient que certains d’entre eux.