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L’atelier ou NX depuis une tablette

NX n’a pas de compte utilisateur, pas de tracking, pas d’API et pas de backend. Il a un serveur MCP. Premier article d’une série sur les décisions techniques du projet et sur ce que chacune a fermé.

NX AcademyL'atelier
Quelqu’un travaillant sur une tablette dans un jardin, pixel art

Ce matin, depuis mon canapé, et surtout via ma tablette, j’ai pushé du code sur NX. Pas de PC portable ou de terminal ouvert. Voilà comment je fais tourner NX depuis quelques mois. Les brèves du Feed partent via mon serveur MCP, les fiches techniques sortent par lots via Claude Code et je n’ouvre plus l’ordinateur que pour ce qui ne tient vraiment pas sur une tablette.

On sera tous d’accord pour se le dire une tablette est un mauvais poste de travail. Ce qui est pénible à faire dessus ne se fait pas et ce qui est pénible à faire dessus, la plupart du temps, n’était pas nécessaire. La contrainte trie à ma place et je m’en accommode mieux que je ne l’aurais cru.

Cela dit, si je peux travailler comme ça, ce n’est pas un exploit technique. C’est surtout qu’il n’y a presque rien à faire tourner.


Ce que NX n’a pas

NX est un site de cours, un projet perso, un jardin d’expérimentation et un petit média. Voici la liste de ce qu’il n’a pas.

Pas de compte. Vous ne créez rien pour lire NX. Pas d’inscription, pas de mot de passe oublié, pas de base d’utilisateurs à protéger. Ce que ça ferme, c’est je ne peux pas vous suivre d’un appareil à l’autre (et c’est tant mieux !). La reprise de lecture existe, mais elle vit dans le localStorage de votre navigateur. Vous changez de machine et elle est perdue.

Pas de tracking. Pas de statistiques, pas de courbes, aucune idée de savoir si un article a touché dix personnes ou mille. Pour un projet dont l’objet est de transmettre, c’est le renoncement qui pique le plus. J’écris pour vous sans jamais savoir combien vous êtes. Honnêtement, c’est parfois assez dur à vivre.

Pas d’API. Rien à documenter, à versionner, à maintenir pour les autres. Il y a un flux RSS et un sitemap et ça couvre les besoins réels.

Pas de framework CSS. Du CSS écrit à la main, propriété par propriété. Ce que ça ferme pas de grille toute faite et une page un peu tordue me prend plus de temps qu’à quelqu’un qui dégaine Tailwind.

Pas de backend. Rien ne tourne quand vous chargez une page. Le site est une pile de fichiers statiques sur GitHub Pages. La base de données est lue au moment du build, jamais pendant votre visite.

Le vrai gain n’est pas d’aller plus vite, c’est le temps que je ne passe pas devant l’écran. Une bonne partie de ce travail consiste à décider de ne pas développer.


Le seul truc qui bouge

Sauf qu’un site, même statique, ça se met à jour. Et là, la réponse classique c’est un back-office avec une interface d’administration, des formulaires, une authentification, un éditeur de texte riche, une prévisualisation. Des semaines de travail pour des pages que je serais le seul à voir.

nx-mcp fait le même travail sans interface. C’est un serveur MCP hébergé dans un conteneur serverless chez Scaleway, que je branche à Claude. Concrètement, quand je publie une brève, je donne l’idée et la source, le modèle rédige, une passe de relecture cale le texte sur ma façon d’écrire, le serveur écrit la ligne dans la base Turso, puis déclenche un build GitHub qui régénère le site. Je n’ai pas quitté ma conversation et les brèves ne partent d’ailleurs pas que sur NX.

Ce que ça ferme, et ce n’est pas rien il n’y a aucun moyen de publier sur NX sans passer par un LLM. Pas de formulaire de secours, pas d’écran de connexion. Le jour où le serveur tombe, il me reste l’édition d’un fichier à la main et un commit mais on est déjà loin du canapé.


Le Storybook dont personne n’avait besoin

Je n’ai pas toujours travaillé comme ça, loin de là.

Il y a quelques années, sur un POC d’application React Native, j’ai monté un Storybook. Avec les tests qui vont avec. Sur un POC. L’objet du projet était de savoir s’il y avait un marché, autrement dit de mettre une maquette qui marche entre les mains de quelques personnes et de regarder leur tête. Le Storybook n’a servi à personne, pas même à moi.

Pourquoi je l’ai fait ? Parce que ça se faisait. Parce qu’un développeur sérieux documente ses composants et teste son code. Parce que ça me rassurait sur mon propre niveau. C’était bon pour l’ego et parfaitement inutile pour le projet.

Je retrouve cette mécanique un peu partout et je ne jette la pierre à personne puisque j’y suis passé. On ne construit pas la chose dont on a besoin, on construit la chose qui prouve qu’on sait la construire. La question n’est pas de savoir si je peux construire quelque chose. Elle est de savoir si je voudrai encore la maintenir dans deux ans. La plupart du temps, la réponse est non, et ça m’évite de commencer.


Alors, l’atelier, c’est quoi ?

Dans le point d’étape de rentrée, j’annonçais une nouvelle série. La voici. Chaque article prendra une décision technique de NX et racontera ce qu’elle a fermé.

Il y a de quoi faire. Le choix de Turso pour la base de données, Astro plutôt qu’autre chose pour le site, et surtout les workflows IA que j’utilise pour fabriquer les contenus. Les brèves, les fiches techniques, les images. Je les prendrai les uns après les autres, un par article.

Une règle quand même. Si une décision n’a rien coûté, elle ne fera pas un article. Une décision facile n’apprend rien à personne, moi compris.


À quel rythme ?

Je n’ai pas de cadence fixe. Un article quand il y a une décision à raconter, pas quand le calendrier le réclame. Je préfère un texte qui a une raison d’exister à un rendez-vous tenu pour la forme. Il y aura des mois sans rien. Ce n’est pas un abandon, c’est qu’il n’y avait rien à raconter.

En attendant, si une décision que vous voyez passer sur le site vous intrigue, dites-le-moi. Une issue sur le dépôt fait très bien l’affaire. Il y a des choix que je ne pense plus à expliquer parce qu’ils me paraissent évidents, et c’est souvent là qu’il y a quelque chose à raconter.

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